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Apilab
Séminaire Paysage «Ré-enchanter le monde»
Mercredi 28 novembre | 9h - 12h30 | en salle de conférence
Dans le cadre des séminaires de recherche APILAB. A l'occasion des 5 ans de l'Ecole du Jardin Planétaire et de l'exposition KRWAZé au Hangar D2. En partenariat avec l'EJP et les Amis de l'Université
«Qui parle ?» | ARC Parole parole & Erre |
«Le peuple qui manque» est invité par La Box, pour une résidence de création avec le partenariat de la DAC-OI et du FRAC-Réunion.

 

avec les étudiant.e.s :

Kelly Goulas, Vincent Ramaye , Prudence Tétu, Brandon Gercara, Auriane Robert, Aude Sirara, France Abar, Emma Anaêlle, Yann Colleu, Morgane Bourgaux, Marvin Lapoterie, Iwan Migné.

Coordonné par Myriam Omar-Awadi & Yohann Quëland de Saint-Pern

Samedi 17 octobre | 17h | à la Cité des Arts

entrée libre

QUI PARLE ?
En 1970, Deleuze disait à Michel Foucault « vous nous avez enseigné l'indignité qu'il y a à parler pour les autres », ouvrant le grand questionnement féministe, queer et postcolonial qui se tiendrait jusqu'à nous aujourd'hui et que Gayatri Spivak réouvrira radicalement avec Les subalternes peuvent-elles parler ?
Lorsque l'on se demandait alors « qui parle ? depuis où ? et depuis quelle position de pouvoir ? », une scène théâtrale s'ouvrait avec ses protagonistes, interrogeant les instances qui structurent la parole démocratique et ses dispositifs, mais aussi l'histoire du cinéma documentaire, les pratiques de l'autofiction, la psychanalyse ou l'ethnographie.
Aujourd'hui, c'est la voix silencieuse du monde qui nous rattrape, alors qu'avec l'ère de l'Anthropocène, toute vie devient digne d'habiter un plus vaste parlement, qui s'ouvre aux animaux, aux végétaux, aux machines, aux cyborgs, aux objets. Mais que dit-on lorsque l'on dit que les plantes, les pierres, les objets, les animaux ont une voix ? Qui alors peut les « traduire » et parler « pour » eux (au double sens de « pour » - à leur intention et à leur place) ? Que fait l'Anthropocène aux épistémologies du point de vue (la standpoint theory) ?

A l'aune de la fulgurante formule de Rimbaud « Je est un autre », c'est en effet une autre question qui scintille désormais, peut-être moins celle de « qui parle » que la politique impersonnelle du « qu'est-ce qui parle à travers nous ».
C'est des poétiques et politiques énonciatives et des controverses contemporaines qui traversent le monde de l'art, de la pensée, et de la politique aujourd'hui dont il sera question durant ce séminaire (le statut de nouveaux sujets juridiques et politiques dans le cadre des droits écologiques, la « querelle de l'appropriation culturelle », ou encore celle de la souveraineté des objets dans le cadre des politiques de restitution, etc.), à partir de manifestes littéraires, poèmes, textes théoriques, films, etc.
Un séminaire proposé par Aliocha Imhoff & Kantuta Quiros, théoriciens de l'art et curateurs, dans le cadre de l'ARC « Paroles, paroles » (Myriam Omar Awadi, Yohann Queland de Saint Pern) de l'Ecole Supérieure d'Art de La Réunion, ouvert à un public large (artistes, acteurs culturels, commissaires etc).
Un workshop plus spécifiquement adressé aux étudiants de l'ARC s'inscrira dans la continuité thématique du séminaire, où les étudiants seront donc amenés à développer des projets à partir de mediums multiples (vidéo, photographie, édition, performance, installation, etc.) autour de cet enjeu "Qui parle ?” et la matière théorique, plastique et poétique amenée durant le séminaire.

Un projet éditorial fera suite à ce séminaire.
*
Aliocha Imhoff & Kantuta Quiros sont théoriciens de l'art, commissaires d'exposition et cinéastes, co-fondateurs avec de la plateforme curatoriale le peuple qui manque, créée en 2005 à Paris. En duo, ils développent depuis plusieurs années un projet de recherche qui appelle à une nouvelle écologie des savoirs. Parmi leurs derniers projets curatoriaux (expositions, symposiums, publications, films, rétrospectives, « scénographies de la pensée contemporaine », assemblées fictives, procès imaginaires...), Le parlement des poètes (Ateliers Médicis, 2018), Art is Not the Enemy. Graphics of Tricontinental Dissents (La Colonie, 2018), A Debt of Times (Konsthall C, Stockholm, 2018), Le procès de la fiction (Nuit Blanche, 2017, meilleure exposition de 2017 selon les Inrocks, meilleur événement de parole selon Le Monde et Kunstkritikk), Une Constituante migrante (Centre Pompidou, 2017), A Government of Times (Rebuild Foundation, Chicago, Leipzig, 2016), La frontera nos cruzo (Museo de la Inmigracion, Buenos Aires, 2015), Post-exotisme (New Haven Fort, UK, 2015), Cinéma Permanent in Leiris & Co (Centre Pompidou Metz, 2015), Au-delà de l'Effet-Magiciens (Fondation Gulbenkian, Laboratoires dAubervilliers, 2015), The Accelerationist Trial (Centre Pompidou, 2014), Le procès d'une polémique : Jan Karski, histoire et fiction (HEAD Genève, 2014), La géografia sirve, primero, para hacer la guerra (Museo de la Memoria, Bogota, 2014), A Thousand Years of NonLinear History (Centre Pompidou, 2013), Fais un effort pour te souvenir. Ou, à défaut, invente. (Bétonsalon - Centre d'Art et de Recherche, 2013), L'artiste en ethnographe (Quai Branly - Centre Pompidou, 2012), Que faire ? art/film/politique (Centre Pompidou, Palais de Tokyo, Beaux-Arts de Paris, 2010), etc.

Aliocha Imhoff & Kantuta Quiros sont à l'initiative de nombreuses publications et auteur de nombreux articles. Ils ont dirigé Géoesthétique (Editions B42, 2014), Histoires afropolitaines de l'art, Multitudes 53-54 (2014) et publié Les potentiels du temps (Manuella Editions, 2016), manifeste théorique élu parmi les 10 meilleurs essais de 2016 selon les Inrocks. Ils développent en ce moment Les Impatients, un film-essai, une série chronopolitique. Membres du comité de rédaction de la revue Multitudes, du comité éditorial des Prairies Ordinaires, de la Nuit des Idées, du comité scientifique de la refonte des galeries permanentes du Musée de l'Histoire de l'Immigration ou de la plateforme Entre-temps du Collège de France, ils étaient en 2015-2016 résidents du programme de résidence de la Méthode Room à Chicago, à la Rebuild Foundation et sont actuellement résidents aux Ateliers Médicis. Kantuta Quiros est actuellement Maître de conférence associée à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture, où elle enseigne la théorie de l'art. Aliocha Imhoff enseigne l'esthétique et le cinéma à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

www.lepeuplequimanque.org

Séminaire Paysage «Ré-enchanter le monde»
avec : Gilles Clément, Nicolas Gérodou et Kid Kréol & Boogie


Programme et déroulé du séminaire :
9h20 -   mot de bienvenue
9h30 -   Rencontre avec Gilles Clément
10h30 - Nicolas Gérodou : « L'enfance de l'art » : le paysage mythique de Jules Hermann
11h30 - Jean-Sébastien Clain : «  Kid Créole & Boogie / Krwazé »

"La fin de ce siècle nous voit encore trébucher sur des schémas simplistes que le romantisme a rendus pesants. Pour changer de jardins, il nous faut changer de légende : il semble que nous en ayons les moyens."
Gilles Clément, Le jardin en mouvement


Face aux conséquences sociales et environnementales du néolibéralisme, de nombreux scientifiques et militants altermondialistes ont lancé l'alerte sur l'état d'urgence planétaire : le réchauffement climatique, l'empoisonnement des sols, les crise alimentaire mondiale et de santé publique, la question extrêmement sensible actuellement des flux migratoires, etc. Ces problématiques viennent interroger de manière radicale notre rapport au monde nous invitant à le regarder au prisme des urgences et du champ des possibles qu'il nous appartient de créer. Comment les artistes, écrivains, plasticiens, paysagistes, pensent-ils leur relation au monde face à l'état d'urgence planétaire ?
Ce séminaire de recherche entrelace trois approches poétiques du monde en posant la question du rôle de l'artiste dans l'éveil environnemental. Il invite à penser l'art, la littérature et le jardinage, comme des outils de la fabrique écologique permettant « d'organiser son territoire selon sa culture et à son échelle » tout en s'inscrivant dans une dynamique commune, celle du « jardin planétaire » pour reprendre des termes chers à Gilles Clément. Issus de trois disciplines différentes, nos intervenants, un paysagiste, un écrivain et un duo d'artistes nous conteront « l'art de cultiver son jardin », ici à la Réunion, une île microcosme, un jardin-monde. Ils nous parleront de trois manières différentes d'investir et de ré-enchanter le monde : l'art du jardinage en conscience, l'affabulation hermannienne, et la pratique du Street art. Trois percées dans le réel pour décoloniser nos imaginaires et refonder nos territoires.

Les intervenants

Gilles Clément
Ingénieur horticole, paysagiste, écrivain, jardinier, Gilles Clément enseigne à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage à Versailles (ENSP). En dehors de son activité de créateur de parcs, jardins, espaces publics et privés, il poursuit des travaux théoriques et pratiques à partir de trois axes de recherche : le Jardin en Mouvement, concept issu d'une pratique sur son propre jardin dans la Creuse, Le jardin Planétaire, projet politique d'écologie humaniste, Le Tiers-Paysage, concept élaboré à l'occasion d'une analyse paysagère En Limousin, défini comme « fragment indécidé du Jardin Planétaire », concerne l'ensemble des espaces délaissés ou non exploités considérés par lui comme les principaux territoires d'accueil à la diversité biologique. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Le jardin en mouvement, de La Vallée au Parc André Citroën, Ed. Sens et Tonka, Paris, 1994, Le jardin planétaire. Avec Claude Eveno.Ed. l'Aube / Chateauvallon, La Tour d'Aigue, 1997 et Traité succinct de l'art involontaire. Ed. Sens et Tonka, Paris, 1997.

Nicolas Gérodou

Ecrivain et poète, botaniste passionné, Nicolas Gérodou est l'auteur d'une thèse sur Jules Hermann qui a donné lieu à la publication de textes dans la saga en 5 tomes « Révélations du Grand Océan » publiée aux éditions Le Corridor Bleu entre 2015 et 1018. En 2016 il a dirigé l'édition de “Paroles de Kabary, une anthologie de la parole poétique à Madagascar” aux Editions Poisson Rouge. Il a publié également « Passage des Lémures en pays Mafate» et «Ber de l'étang» aux éditions Grand Océan. Il enseigne la littérature française.

Kid Kréol et Boogie
Le travail de Kid Kréol & Boogie consiste en la révélation d'un imaginaire créole Réunionnais. Il prend racine dans l'Océan Indien, dans ses croyances qui constituent une culture qui s'estompe. Nés en 1984 et 1983, à Saint-Denis, Jean-Sébastien Clain et Yannis Nanguet se rencontrent au cours de leurs études aux beaux-arts, et décident de former le duo Kid Kréol & Boogie en 2008.Actifs dans le milieu du street-art, ils ont travaillé dans des pays tel que l'Afrique du Sud, le Brésil, Madagascar, la Slovaquie et autres, aussi bien pour des festivals, des expositions ou des performances en direct.

Ce séminaire de recherche APILAB (Laboratoire Arts, Paysages, Insularités) est organisé en partenariat avec l'Ecole du jardin planétaire et Les Amis de l'Université. Il s'inscrit à la suite de l'exposition Krwazé de Kid Kréol & Boogie présentée du 30 octobre au 20 novembre 2018 au D2 au Port.
 

Nic Human

Dans le cadre de sa présence à l'ESA, Nic Human, coordinateur du département de communication visuelle à la Durban University of Technology (Afrique du sud), a présentation son travail,
 

avec Le Peuple qui manque
avec Le Peuple qui manque

En 1970, Deleuze disait à Michel Foucault « vous nous avez enseigné l'indignité qu'il y a à parler pour les autres », ouvrant le grand questionnement féministe, queer et postcolonial qui se tiendrait jusqu'à nous aujourd'hui et que Gayatri Spivak réouvrira radicalement avec Les subalternes peuvent–elles parler ?
Lorsque l'on se demandait alors « qui parle ? depuis où ? et depuis quelle position de pouvoir ? », une scène théâtrale s'ouvrait avec ses protagonistes, interrogeant les instances qui structurent la parole démocratique et ses dispositifs, mais aussi l'histoire du cinéma documentaire, les pratiques de l'autofiction, la psychanalyse ou l'ethnographie.
Aujourd'hui, c'est la voix silencieuse du monde qui nous rattrape, alors qu'avec l'ère de l'Anthropocène, toute vie devient digne d'habiter un plus vaste parlement, qui s'ouvre aux animaux, aux végétaux, aux machines, aux cyborgs, aux objets. Mais que dit-on lorsque l'on dit que les plantes, les pierres, les objets, les animaux ont une voix ? Qui alors peut les « traduire » et parler « pour » eux (au double sens de « pour » - à leur intention et à leur place) ? Que fait l'Anthropocène aux épistémologies du point de vue (la standpoint theory) ?
A l'aune de la fulgurante formule de Rimbaud « Je est un autre », c'est en effet une autre question qui scintille désormais, peut-être moins celle de « qui parle » que la politique impersonnelle du « qu'est-ce qui parle à travers nous ».
C'est des poétiques et politiques énonciatives et des controverses contemporaines qui traversent le monde de l'art, de la pensée, et de la politique aujourd'hui dont il sera question durant ce séminaire (le statut de nouveaux sujets juridiques et politiques dans le cadre des droits écologiques, la « querelle de l'appropriation culturelle », ou encore celle de la souveraineté des objets dans le cadre des politiques de restitution, etc.), à partir de manifestes littéraires, poèmes, textes théoriques, films, etc.

Parmi leurs derniers projets curatoriaux (expositions, symposiums, publications, films, rétrospectives, « scénographies de la pensée contemporaine », assemblées fictives, procès imaginaires...), Le parlement des poètes (Ateliers Médicis, 2018), Art is Not the Enemy. Graphics of Tricontinental Dissents (La Colonie, 2018), A Debt of Times (Konsthall C, Stockholm, 2018), Le procès de la fiction (Nuit Blanche, 2017, meilleure exposition de 2017 selon les Inrocks, meilleur événement de parole selon Le Monde et Kunstkritikk), Une Constituante migrante (Centre Pompidou, 2017), A Government of Times (Rebuild Foundation, Chicago, Leipzig, 2016), La frontera nos cruzo (Museo de la Inmigracion, Buenos Aires, 2015), Post-exotisme (New Haven Fort, UK, 2015), Cinéma Permanent in Leiris & Co (Centre Pompidou Metz, 2015), Au-delà de l'Effet-Magiciens (Fondation Gulbenkian, Laboratoires d'Aubervilliers, 2015), The Accelerationist Trial (Centre Pompidou, 2014), Le procès d'une polémique : Jan Karski, histoire et fiction (HEAD Genève, 2014), La géografia sirve, primero, para hacer la guerra (Museo de la Memoria, Bogota, 2014), A Thousand Years of NonLinear History (Centre Pompidou, 2013), Fais un effort pour te souvenir. Ou, à défaut, invente. (Bétonsalon - Centre d'Art et de Recherche, 2013), L'artiste en ethnographe (Quai Branly - Centre Pompidou, 2012), Que faire ? art/film/politique (Centre Pompidou, Palais de Tokyo, Beaux-Arts de Paris, 2010), etc.

Le Peuple qui manque
Dans le cadre de l'ARC Parole parole,

- SEMINAIRE > du 5 et 6 novembre / 9h-12h  en  salle de conférences
>> année 4, 5 et 6 et ouvert au public

- WORKSHOP / du 7 au 16 novembre / 9h-13h  à la Cité des arts
>> étudiants de l'ARC Parole parole et à ouvert à tous les étudiants du cycle 2

http://www.lepeuplequimanque.org
 

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